Talion

Il est volage, s’envole se tire à tire d’ailes
Vers une femme d’un autre âge, s’éprend d’elle,
Grave et signe sa prose sur des galets de basalte,

Écartèle dentelles bourgeoises et porte-jarretelles
Narcisse au fond des yeux de celle qui déjà l’aime
Sculpte son sexe, s’en lasse et m’appelle

Se tient-il dans le noir et les miroirs, pleins feux
Sur les corps orgueilleux ou dans les contre jours
Filtrés de son atelier, dulcinée renversée?

Chemins de traverse, sémaphorique adresse,
Maillage de vibrants messages en boîte vocale,
Fonction main libre et changement de position

Esthète épris d’esthétique aux appétits gargantuesques
Causeur de troubles, hédoniste aux valeurs égoïstes

Amoureux de toi-même, œuvre donc à ton autoportrait
De mâle en bois bandé, d’obsédé pantin désarticulé
Chef d’œuvre de misère devant l’univers contemplé.

Pénétré d’Éole, étalon libertaire et magnifique
Sur la pierre angulaire du grand bâtisseur

Entre ciel et terre dans une chevauchée fantastique
Avalé par des bouches gourmandes et exercées
Tu es Éros et les vents te prennent.